Un candidat nous arrive souvent avec un fixe parisien en tête, converti grossièrement en euros bruts allemands. Cette opération ignore trois choses : le 13e mois n’est pas universel, le coût du logement munichois a rattrapé (et parfois dépassé) celui de l’ouest parisien, et une Tarifvertrag peut valoir plus qu’un « bonus sur objectifs » à la française, mal défini.
Nous demandons toujours l’unité : Jahresbruttogehalt, nombre de mensualités, participation à l’épargne, voiture, télétravail. Une offre à 72 000 € sur douze mois n’égale pas 72 000 € sur treize. L’écart, sur cinq ans, finance une partie du déménagement.
Deux villes, deux marchés
Berlin reste plus ouverte aux profils venus du conseil et du numérique, avec des fourchettes plus basses une fois le loyer hors centre pris en compte. Munich paie davantage dans l’industrie et l’assurance, mais le marché locatif sanctionne immédiatement un package « Berlin-like ». Hambourg et Cologne se situent entre les deux, avec des ETI qui négocient peu le premier chiffre et davantage les jours de remote.
Les grilles que l’on trouve en ligne datent ou mélangent junior et senior. Nous préférons recouper trois offres réelles du même intitulé, même si l’échantillon est petit. Mieux vaut un intervalle honnête (par exemple 64–71 k€ brüt pour tel poste dans la Ruhr) qu’une moyenne nationale décorative.
Ce que nous ne faisons pas
Nous ne « maximisons » pas à tout prix. Un écart de 4 000 € brüt peut valoir moins qu’un onboarding de six semaines payé, ou qu’un logement d’attente. Dans le module package du parcours, nous posons ces arbitrages par écrit, pour que la décision tienne le lundi matin, pas seulement le soir de l’offre.